Le Collectif

La naissance du mouvement

L'association Le Deuxième Regard, créée en 2013, se transforme en 2018 suite à l’affaire Weinstein pour devenir Le Collectif 5050x2020. Créé par des professionnelles du cinéma et de l’audiovisuel, le Collectif 50/50 fait sa première action au Festival de Cannes en organisant la rencontre sur le tapis rouge, de 82 personnalités internationales du monde du cinéma. Menées par Cate Blanchett et Agnès Varda, elles gravissent ensemble les marches du Palais des Festival, pour dénoncer le plafond de verre : 82, c’est le nombre de réalisatrices retenues en compétition pour la Palme d’or par le Festival depuis sa première édition en 1946, contre 1 688 hommes !

Déclaration de lancement du Collectif 5050x2020 :

“Nous pensons qu’il faut questionner la répartition du pouvoir.
Nous pensons que la parité réduit les rapports de force.
Nous pensons que la diversité change en profondeur les représentations.
Nous pensons qu’il faut saisir cette opportunité de travailler à l’égalité et la diversité parce que nous avons la certitude qu’ouvrir le champ du pouvoir favorisera en profondeur le renouvellement de la création.
Nous décidons de mener la bataille des chiffres comme levier de la prise de conscience et de la visibilité des enjeux mais aussi comme support des chantiers de réflexion à mener car nous voulons produire des idées, des solutions, des opportunités.”

Nos actions

1Créer un Observatoire de l’égalité dans notre industrie

Nous publions des chiffres et analysons les données du cinéma français, afin de favoriser la prise de conscience collective, de quantifier les évolutions.
☞ Il produira de nouvelles données, quantitatives et qualitatives, sur des champs dédiés auxquels nous travaillerons avec l’ambition de couvrir tout le spectre : la disparité des salaires entre les techniciens et les techniciennes, entre les acteurs et les actrices, les écarts de budgets entre réalisateurs et réalisatrices, l’exploitation, l’éducation à l’image, la critique, le déficit de diversité dans toute la chaîne, la question des représentations.

2Challenger les institutions culturelles, conscientiser la profession

Nous pensons aux institutions publiques, mais aussi aux groupes privés, aux syndicats professionnels, aux festivals, aux jurys, aux écoles de cinéma. Nous attendons des décisionnaires au cœur de ces instances une prise de conscience visant à la parité, à la jeunesse, à la diversité. Que la pluralité réelle de notre pays soit davantage représentée. Dans ce sens, des chartes ont été élaborées pour conscientiser la profession :
☞ La Charte pour la parité et la diversité dans les festivals de cinéma : 2 ans après le lancement de cette Charte, le Collectif constate plus de parité parmi les organisations des 156 festivals internationaux signataires. On note un retard persistant des 6 festivals majeurs qui ne comptent que 17% de femmes aux postes de direction artistique, 42% de femmes dans les comités de sélection et 36% dans les comités de direction. / ☞ La Charte pour l’inclusion dans le cinéma et audiovisuel, signée par 11 organisations professionnelles les engage à plus d’inclusion et de diversité aux stades de la formation, du recrutement et à l’image. Le Collectif continue d’animer la diffusion et l’application de la Charte et à chercher les moyens pour évaluer les actions et les résultats. / ☞ La Charte pour la parité et la diversité dans les sociétés d’édition-distribution de films et d’exploitation cinématographique. Signée par une quarantaine d’entreprises sur le territoire, elle les engage à promouvoir la parité et la diversité dans la diffusion cinématographique, et au sein des équipes.

3Créer des outils

☞ La bible 50/50 : annuaire en ligne des professionnel·le·s servant à constituer des équipes plus diverses et paritaires (auteur·rice·s, technicien·ne·s, etc). / ☞ Mentorat en ligne : mise en relation de jeunes et des professionnel·le·s du cinéma. / ☞ Livre Blanc “Tou·te·s acteur·rice·s du changement” : rédigé en partenariat avec la Délégation à l’égalité entre les femmes et les hommes du Ministère de la Culture, pensé comme une aide concrète destinée à tou·te·s les professionnel·le·s du cinéma et de l’audiovisuel pour définir, sensibiliser, détecter et réagir face aux pratiques d'harcèlement et/ou de violences sexuelles.

4Co-élaborer des mesures avec nos partenaires

☞ Bonification paritaire : mise en place au 1er janvier 2019 d’une bonification de 15% du soutien mobilisé pour un film dont l’équipe de chef.fe.s de postes est paritaire pour densifier les carrières des autrices et techniciennes. / ☞ Parité dans les festivals : conditionnement des aides du CNC destinées aux festivals, à la signature de la Charte pour la parité et la diversité dans les festivals, depuis début 2019. / ☞ Lutte contre le harcèlement : conditionnement des aides du CNC au respect des obligations de l’employeur en termes de prévention du harcèlement et des violences sexuelles. Mise en place d’une formation "Prévenir et agir contre les violences sexistes et sexuelles" à destination des employeur.se.s depuis octobre 2020, au CNC.

Les faits

Les inégalités salariales n’épargnent pas le cinéma

Différence de salaires horaires moyens dans la production cinématographique (€ / h) entre les hommes et les femmes
Source : CNC, La place des femmes dans l’industrie cinématographique et audiovisuelle, 2019

Notre communication

Le Collectif 50/50 fonctionne comme un action tank, un lobby qui agit dans l’espace public et sur les institutions par la production de pensée et de données chiffrées. Nous consacrons également notre énergie à élaborer des mesures et des outils concrets pour réaliser ces objectifs.

L’environnement dans lequel nous évoluons n’a pas encore intégré les changements de paramètres que nous visons, les sources de colère sont donc fréquentes. Mais il nous apparaît nécessaire de dépassionner les débats pour les penser mieux, de mettre notre intelligence collective et nos expertises au service d’une meilleure répartition du pouvoir, conçue comme le levier ultime pour contrer les inégalités.

C’est pourquoi nous avons fait le choix de nous abstenir de commenter l’actualité et de réagir à chaud aux nombreux propos de personnalités, quelques intolérables fussent-ils. Ces indignations continuent d’irriguer notre travail, mais nous limitons notre communication et notre parole publique aux actions destinées à agir sur la réforme de ce qui fait système, et au relais des démarches inspirantes et actions structurantes.

Conseil d'administration

Bureau

Julie Billy
Co-présidente / Productrice
Laurence Lascary
Co-présidente / Productrice
Sandrine Brauer
Co-présidente / Productrice
Mikaël Gluschankof
Secrétaire général / Consultant formateur expert en égalité femme-homme et stéréotypes de genre
Isabelle Mercier
Trésorière / Productrice

Bureau élargi

Béatrice Boursier
Directrice Générale - SCARE
Delphyne Besse
Chargée d'études et marchés - Unifrance
Juliette Favreul Renaud
Productrice - JE Films et 2711 Production
Harold Valentin
Producteur - Mother Production

Conseil d'administration

Aurélie Cardin
Déléguée Générale, Cinébanlieue - Chargée de rencontres professionnelles, Talents en court
Maïmouna Doucouré
Réalisatrice
Farah Clémentine Dramani-Issifou
Programmatrice à la Semaine de la critique - Festival du film de Marrakech Commissaire d'exposition, chercheuse
Coralie Fargeat
Réalisatrice
Patrick Fabre
Directeur artistique, Festival International du Film de Saint Jean de Luz - Réalisateur
Agnès Jaoui
Comédienne, scénariste, actrice
Aïssa Maïga
Comédienne, réalisatrice
Mélissa Petitjean
Mixeuse
Pauline Seigland
Directrice de production et productrice - Films Grand Huit
François Tessier
Agent artistique - Aimant
Marion Tharaud
Distributrice - Haut et Court
Agathe Valentin
Exportatrice - Totem Films

Documents

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Les statuts