Parité dans le cinéma d’animation : des avancées timides face à des inégalités persistantes

Pour la première fois depuis 2017, le Collectif 50/50 actualise son étude sur la parité dans le cinéma d’animation.

Plus complète et plus dense, cette nouvelle édition met en lumière une continuité frappante avec les constats déjà établis dans la fiction : une féminisation progressive en apparence mais des inégalités structurelles de fond qui persistent avec des budgets plus élevés pour les réalisateurs, des métiers techniques dans lesquels les hommes restent largement surreprésentés, ainsi qu’une parité cantonnée au format court.

Alors que les femmes représentent 55 % des réalisateur·ices de courts métrages d’animation, elles ne sont plus que 18 % dans le long métrage : un déséquilibre qui témoigne des difficultés persistantes d’accès aux films les plus financés et les plus exposés.

L’étude montre également qu’au cours de leur parcours professionnel, les réalisateurs ont davantage de chances de réaliser un long métrage mais aussi d’en réaliser plusieurs ! Seules 15 % des femmes atteignent le cap du troisième film ou plus dans l’animation, contre 23 % si on prend en compte aussi le documentaire et la fiction

Les écarts se retrouvent aussi dans les financements. Depuis 2018, on observe que les films réalisés par des femmes continuent de disposer de devis inférieurs à ceux de leurs homologues masculins. En 2018, les budgets des réalisatrices étaient en moyenne inférieurs de 77 %. Cet écart reste de 52% en 2024 et de 14 % en 2025 sans traduire pour autant une progression linéaire. 

Enfin, dans un contexte de fortes tensions économiques pour les secteurs audiovisuel et cinématographique, l’étude souligne les profondes inégalités qui traversent le financement des longs métrages d’animation. La concentration du financement et de la diffusion du cinéma aux mains d’un milliardaire d’extrême droite nourrit les inquiétudes quant à la diversité des récits soutenus,appelle à une vigilance renforcée et à un engagement redoublé de l’ensemble de l’industrie. Cette mobilisation apparaît d’autant plus nécessaire que les financements accordés aux films d’animation réalisés par une ou plusieurs femmes demeurent insuffisants.